Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/12/2007

Hommage à Monsieur Robert Badinter

    le 17 Sesptembre 1981, Monsieur Robert BADINTER , Garde des Sceaux, Ministre de la Justice prononce   à l'Assemblée Nationale son fameux discours en faveur de l'abolition de la peine de mort .   Avec une grande éloquence et un grand talent ,il prononce ces premieres phrases:

« Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j'ai l'honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France »,

 

il dit aussi:

« Cette communion d'esprit, cette communauté de pensée à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera l'engagera personnellement ».

Ce jour là ,j'ai écouté comme tout le monde le discours et j'ai retenu ce passage qui resume la France que j'aime, la France que nous aimons :

« La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l'éclat des idées, des causes, de la générosité qui l'ont emporté aux moments privilégiés de son histoire. La France est grande parce qu'elle a été la première en Europe à abolir la torture malgré les esprits précautionneux qui, dans le pays, s'exclamaient à l'époque que, sans la torture, la justice française serait désarmée, que sans la torture, les bons sujets seraient livrés aux scélérats. La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l'esclavage, ce crime qui déshonore encore l'humanité ».

Oui, Monsieur Badinter , la France est grande , quand elle parle haut et fort des valeurs universelles,

Oui, Monsieur Badinter, la France est grande , quand elle denonce les dictatures,

Oui, Monsieur Badinter, la France est grande, quand elle porte haut et fort le principe de laicité,

Oui, Monsieur Badinter, la France est grande, quand elle affirme haut et fort que la democratie et la liberté d'expression sont des principes induscutables,

Monsieur Badinter:

Ce 17 Septembre 1981, je n'étais pas un abolitionniste convaincu , je venais d'une culture qui coupait la main du voleur , et qui trouvait toujours une justification populaire ou religieuse pour commettre ces horreurs,

Mais, ce jour là ,vous m'avez ouvert l'esprit quand vous avez rappelé que c'est un debat de conscience,

Vos mots , la gravité du ton , ont resonné dans ma tête pendant longtemps.

Mais ce n'est pas tout:

Merci d'avoir écrit CONDORCET.

Ce jour de 1989, j'ai douté un peu de la loi et de la pratique de l'infradroit,

Et ce jour là , vous m'avez tendu la main ,

J'ai envie de vous dire un grand Merci pour l'élan de coeur que vous avez eu

Je vous ai croisé un jour , mais je n'ai pas eu l'audace de croiser votre regard pour vous remercier du fond du coeur.

Monsieur Badinter:

UN GRAND MERCI DU FOND DU COEUR